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1. Une ressource stratégique Table des matières 1.1 - Redéfinir le mot « information » 1.2 - L'évolution du document d'information 1.3 - La surcharge informationnelle 1.4 - La multiplication des informations 1.5 - Les multiplicateurs des informations Résumé L'information est le matériau principal qu'utilise l'être humain pour connaître et développer sa société ; elle sert à réorganiser sa vision du présent. Elle est en même temps un phénomène économique, technique, social, politique et culturel. Elle devient le centre de gravité de la nouvelle économie. Les trois principales sources actuelles d'information dans la société sont l'imprimé (journaux, magazines, etc.), le divertissement (télévision, cinéma, etc.) et l'Internet (courriels, Web, etc.) Le principal défi est le traitement industriel de trop d'informations disparates et non validées parce que non contextualisées. 0 Les informations sont des éléments de connaissance Par information
Certains contenus sont offerts hors ligne (les cassettes audio ou vidéo, les films sur DVD, la documentation imprimée ou les jeux électroniques par exemple) et d'autres en ligne (les services, les bases de textes, de connaissances ou d'images, les jeux en réseau, etc.) [e-business 2 Pour vivre, l'être humain doit constamment communiquer, c'est-à-dire échanger des informations avec une société composée d'environnements divers situés dans un espace et un temps donnés [rupture 8 Pour l'être humain, l'information est plus que ce qui est perçu comme tel dans un message, c'est le matériau qui sert à développer la société ; un matériau qui sert à développer du sens à partir du chaos des environnements [information 10
Schéma information 1 l'information, matériau de développement de la société Pour vivre, l'être humain doit constamment communiquer avec sa société ; l'information est le matériau principal qu'il utilise pour percevoir et développer ses environnements. L'information est liée à la capacité d'intelligence de l'être : comprendre, c'est percevoir un lien significatif entre des phénomènes [web 7 Données et informations Connaissances Observation Réflexion Communication Société (Phénomènes dans des environnements situés dans un espace-temps) Individu (et ses groupes d'intérêts)
Schéma information 2 la carte de connaissances de l'information Dans cette ère de l'industrialisation du traitement des informations qui débute, la carte des connaissances analysées dans ce dossier révèle quatre secteurs d'expertise, chacun réclamant ses spécialistes. L'architecture de l'information Structurer et gérer un ensemble d'informations dans le contexte d'un groupe d'intérêts [web 15 La gérance de l'information Établir une bonne relation entre une clientèle et la personnalisation de ses besoins en information. Les technologies des systèmes d'information Intégrer une production et une diffusion sécuritaires des informations. L'économie des marchés de l'information Développer des applications commerciales pour des clientèles données [économie 7 Veille, prise de décision, actions Hypertexte et traçabilité Grammaires générative et interprétative Synthèse et schématisation Désinformation et exformation Tri, classement et index KM, CRM, (relations clients) Données-informations-connaissances Culture et démocratie Architecture Gérance (Classement) (Applications) Information Technologies Économie (Production-diffusion) (Coûts) Espace-mémoire et réseaux Coûts du traitement graduel Image écran c'est-à-dire de la valeur ajoutée Multi et plurimédia Économie de l'attention Workflow et datawarehouse Prise de décision et actions Commerce et guerres Valeur ajoutée et prix variables L'information ne relève plus d'un domaine spécialisé, elle est, en même temps, un phénomène économique (la nouvelle sera une marchandise) [économie 6 De 1990 à 2005, les principaux passages, ou paradigmes, dans le domaine de l'information sont :
La théorie générale de l'information [3] Parce que l'accès à l'information est de plus en plus compliqué à cause de la surcharge informationnelle
Schéma information 3 la théorie générale de l'information Les principales activités liées au traitement de l'information sont placées, ci-haut, à gauche. Les principaux domaines ou applications où ces activités sont utilisées sont placés, ci-haut, à droite. L'intégration de l'ensemble de ces activités et de leurs applications donne naissance à une théorie générale de l'information. Seule une théorie générale nous permettra de mieux comprendre les liens de complémentarité qui existent entre la documentation, la linguistique, l'intelligence artificielle, etc. Elle devient essentielle au développement d'une société du savoir où l'information est un phénomène à la fois économique, social, politique et culturel. Classement Organisation Mise à jour Consultation Synthèse et Schématisation Théorie de la communication Archivage et documentation Linguistique et sémantique Traitement numérique et médiatique Enseignement et pédagogie Knowledge management Veille et prise de décisions Intelligence artificielle et système expert Transactions et commerce électronique 0 1.1. Redéfinir le mot « information » Dans la foulée de l'avènement de la téléphonie [4], le terme « information Alors que le terme information avait toujours été associé à la communication et à la connaissance, son acception a connu, durant les vingt dernières années, une restriction majeure pour désigner ce qui est envoyé par un canal électronique, que cela soit signifiant ou pas pour le récepteur. La très grande popularité de cette acception est source de confusion entre la capacité de transmettre des signaux ou des données et la capacité de fabriquer des messages signifiants. De sorte que la plupart de ce qui est pris actuellement pour des informations est en fait des données brutes. L'Internet ne comprend pas la signification des symboles qu'il manipule. Jusqu'à récemment, les systèmes informatiques traditionnels ont traité des données ; dorénavant ils doivent traiter des informations qui, contextualisées, peuvent devenir des connaissances. La plus grande crise qui menace la civilisation moderne sera la façon de transformer l'information en connaissance structurée [5]. Or, une donnée
Schéma information 4 l'information, sa source, son codage et son décodage [ce schéma est une extrapolation du schéma Information 1 Vision Perception Intégration Observation Réflexion Communication Données brutes Données organisées Informations Méta- infor- mations Connais- sances La source Le traitement Le décodage des informations des informations des informations par le fournisseur par le récepteur (une grammaire (une grammaire générative des interprétative des messages) messages) La société est composée L'information est la Le décodage des infor- d'environnements divers matière première de la mations se fait selon une situés dans un espace et un communication. Le traite- série d'activités mentales temps donnés. Pour vivre, ment médiatise l'informa- interdépendantes. Les infor- l'être humain doit constam- tion à l'aide de conven- mations sont des éléments ment communiquer, c'est-à- tions. Cette présentation d'analyse de la perception dire échanger des informa- peut être graduée : pour interprétation : tions concernant sa • données brutes • vision ; société • données organisées • perception ; • informations • intégration. • connaissances 0
Schéma information 5 l'information au centre des machines à communiquer On pourrait comparer les NTIC à un oignon avec ses pelures. L'information est au centre des systèmes. La multiplication des machines à communiquer nous fait découvrir les quatre éléments de base des systèmes de communication qu'utilisent les membres de la société (voir plus haut) et surtout leurs défis : l'Internet : largeur de bande, compression, cryptage, etc. ; les systèmes informatiques : puissance, rapidité et portabilité, etc. ; l'interface : convivialité, langue, culture, logique d'utilisation, etc. : l'information, qui est au centre du système et des processus : la navigation (tri, classement, moteur de recherche, etc.) et la médiatisation (synthèse, validation et pertinence). L'ordre des éléments décrits ci-dessus correspond aux sept niveaux qu'emploie l'ISO pour décrire les couches de protocoles effectuant une tâche pour le niveau supérieur (de la couche 1 à 7). L'industrie est présentement rendue à la couche 5, et même à la couche 6 dans le cas de certains protocoles inter-applications (FTP, HTPP, etc.). L'information L'interface L'appareil L'Internet
Schéma information 6 l'information au centre du e-business La conjugaison du triangle de l'information et des trois pôles de la société du savoir nous révèle que les trois principaux outils émergents pour les promoteurs sont le KM, le CRM et la veille intégrée. Ce sont là trois traitements différents des informations (représentées ci-haut par le triangle créé par le confluent des trois cercles-outils) qui influencent les décideurs [rupture 5 C'est ainsi qu'on voit apparaître ces trois secteurs hybrides que sont le commerce électronique, la fidélisation des clientèles et l'intelligence d'affaires. 0 1.2. L'évolution du document d'information L'émergence d'Internet, en particulier du Web, a modifié la notion même du document
Il n'y a pas si longtemps, la médiatisation d'un contenu était assujettie au système qui servait à sa production, d'où l'utilisation du modèle classique création-production-diffusion. Aujourd'hui le contenu circule indépendamment de l'appareil original de création, le nouveau modèle médiatique comprend une création en un endroit, puis sa diffusion dans plusieurs lieux, pour être ensuite produit localement [6]. 1.3. La surcharge informationnelle (Infobésité, infopollution, déluge de l'information, information overload, information anxiety, infoglut, infobug) L'un des principaux problèmes suscités par les inforoutes est causé par la circulation de trop d'informations sans tri ni synthèse, de la désinformation et des nombreuses informations non validées. Derrière l'euphorie actuelle reliée à l'Internet se profile l'immense problème du tri et de la synthèse d'importants volumes de données et de textes non structurés et non contextualisés. Le courrier électronique sur Internet est A letter, two bills and 60 000 pieces of junk mail [7]. I am concerned that this global cacophony will in fact be garbage at the speed of light [8]. Le défi que présentent tous ces messages à origines et destinations vagues est d'agencer ceux-ci de façon à permettre un archivage, une indexation, et surtout des requêtes en fonction des interprétations de la part de multiples utilisateurs. Depuis les cinquante dernières années, l'essor des technologies de diffusion a fait croître de façon exponentielle la quantité d'informations disponibles [9]. Or, ce n'est pas parce que plus de faits sont disponibles que nous sommes mieux informés. Bien au contraire, l'accroissement du volume d'informations entraîne une réduction du focus, c'est-à-dire qu'il crée un effet de « tunnel ». L'information souhaitée est souvent difficile à discerner et à obtenir dans la masse des informations disponibles qui sont disparates, ce qui entraîne un phénomène d'exformation Non seulement les réseaux ne sont-ils pas accessibles partout, mais lorsqu'ils le sont, ils sont souvent incompatibles [10] [web 2 La capacité d'absorption et d'interprétation de la part de l'utilisateur demeure limitée, en particulier à cause des interfaces-utilisateurs plutôt rébarbatives actuellement, et aussi à cause du manque de temps. Les fonds consacrés au traitement de l'information restent faibles par rapport à ceux qui sont consacrés au développement des réseaux de diffusion [11] ; c'est le vieux débat contenant-contenu qui perdure depuis vingt ans. 1.4. La multiplication des informations [12] Il y a trois grandes sources multiplicatrices d'informations dans notre société : l'imprimé, le divertissement et l'Internet. La mesure utilisée ci-dessous est celle des octets dans un ordinateur [13]. L'imprimé (journaux, magazines, rapports, mémos, etc., par année) : L'Américain moyen consacre 154 heures à la lecture des journaux (soit l'équivalent de 11 méga-octets). Le téléphone génère 576 téraoctets. Internet (courriel, Web, intranet, commerce électronique, etc. dans le monde) : Actuellement il se crée environ 8 millions de pages chaque jour (11 285 téraoctets). Ces pages ont une durée de vie d'environ 44 jours. En 2001, cela fait environ 2,5 milliards de pages Web, pour un total de plus de 500 milliards de documents électroniques. Un tiers se perd dans le Web invisible [14], tandis qu'un autre tiers n'est validé par aucun groupe scientifique. En l'an 2000, plus de 1000 milliards de courriels auraient été envoyés par les internautes du monde entier. Le nombre total de noms de domaines enregistrés est passé de 2 millions en 1998 à 5 millions en 1999, pour atteindre 20 millions en l'an 2000 (67 % appartenant aux États-Unis, 32 % au reste du monde). À tout ceci il faut ajouter les données réunies automatiquement par divers systèmes, les satellites [15] ou les administrations gouvernementales par exemple. L'être humain devient informivore au XXIe siècle ; ci-dessous le nombre d'heures consacrées par un Nord-Américain en une année à l'information ; notons que ces statistiques sont différentes pour les générations X et surtout Y [web 14
1.5. Les multiplicateurs des informations [17] Plusieurs facteurs sont responsables de l'explosion de la quantité d'informations, surtout depuis 1995. L'augmentation de la population
L'augmentation du nombre d'internautes
La multiplication des machines à communiquer
La poussée du courrier électronique
La baisse du coût du support-mémoire et des télécommunications
Certaines convergences
La quantité des informations augmente vertigineusement, mais l'écart qu'il faut surtout surveiller est celui entre la quantité d'informations et la capacité des gens à les consommer, là se situe le véritable défi. [1] Le capital intellectuel, ou capital savoir, est l'un des capitaux intangibles de la nouvelle économie, les autres étant le capital humain, le capital client et le capital de la marque. Voir le dossier La nouvelle économie. [2] Voir le contrôle des informations lors des guerres 1914-1918, 1940-1945, ou la guerre du Golfe ou de l'Afghanistan (spécifiquement le contrôle des images écran). Depuis le 11 septembre, le conflit entre les États-Unis et les terroristes est une lutte de propagande. La guerre de l'information fait de plus en plus partie de l'arsenal des forces en présence. [3] Lire les travaux de Yves de Jocas sur UNIT (Universal Network for Information Tracking), Frelisburg, 1994. [4] Voir Shannon et Weaver, The Mathematical Theory of Communication, 1949. Le traitement optimal de l'information qui est visé consiste à augmenter le débit du signal qui est appelé « information ». Cette théorie n'aide en rien à décider ce que l'on doit en faire ou encore à y attribuer une signification, mais prescrit uniquement comment transmettre une « information » de façon inaltérée en présence de bruits et autres interférences avec le signal. [5] Carlos Fuentes. [6] Exemple du journal USA ToDay : les journalistes envoient leurs articles et leurs photographies à un endroit où se fait la mise en page électronique. Celle-ci est envoyée par satellite à vingt imprimeries réparties à travers les États-Unis où le journal est ensuite distribué. (Voir le concept américain de rendering.) [7] Howard Rheingold in Les communautés virtuelles. [8] Tom Peters, in Fortune, vol. 130, juillet 1994. [9] Par exemple, toute la science actuelle, de la bombe atomique à l'exploration spatiale, en passant par le génome, est liée aux TI. [10] La téléphonie et la câblodistribution, jusqu'à récemment, par exemple. [11] Par exemple, le projet canadien Sirius qui investira 8 milliards de dollars durant la prochaine décennie dans les inforoutes ne consacrera que 50 millions au développement du contenu. [12] Dans une société industrielle, la quantité d'informations scientifiques et techniques augmente de 13 % par année, tandis que dans une société de l'information, ce rythme passera à plus de 40 %. [13] How much information, par Peter Lyman et Hal R. Varian, Université de Californie, Berkeley, 2000. [14] Le Deep Net ou « net profond », endroit où l'on trouve les informations périmées, ou celles qui sont mal indexées. Une autre partie des informations n'est accessible que sur abonnement. Voir la Wayback Machine (web.archive.org/collections). [15] Par exemple, 95 % des images prises par le satellite Landsat, qui photographie la terre depuis vingt ans, n'ont jamais été utilisées. [16] L'étude 2001, Une année de télévision dans le monde révèle que la durée d'écoute de la télévison par individu dans le monde est restée stable en 2001. [17] Voir Mille millions d'informations dans La Presse, 17 octobre 2001, p. B3. Voir aussi les livres 365 Ways to simplify your Work Life par Odette Pollar, et Information Anxiety 2 par Richard Saul Wurman, décrits dans le même article. [18] L'arrivée des appareils à moins de 1000 $, leur installation dans presque tous les bureaux, leur entrée dans les écoles, le télétravail et le mobile, etc. [19] À cause des luttes entre les grands réseaux qui cherchent actuellement à s'accaparer des nouvelles clientèles. [20] Exemple des différents groupes d'acteurs vendant des produits Harry Potter : l'écrivaine J. K. Rowling (droits des livres), Warner Brothers (7 films), AOL.com (site Web vendant les billets), Atlantic Record (musique), Time Magazine (articles), LEGO (jeux), Groupe Murdoch (satellite BskyB), etc. |
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